Hippocrate

On a retrouvé des traces de la tradition des vins épicés dans des textes romains. A cette époque, aromate ou épice se dit pimen, cela vient du bas latin pigmentum, claret en français. Mais pourquoi appelle-t-on Hypocras (ou Ypocras, Ypocrasse, hipocras, ipocras) le vin épicé médiéval?

Vers 1182, Chrétien de Troyes fait boire à son héros Perceval du pimen, en fin de repas, dans la fameuse scène de la présentation du Graal (Le Roman de Perceval v.3331-3333). De plus, le pimen est cité dans Le roman de Flammenca, écrit en langue d’oc vers 1240.

Au XIVème siècle, le pimen est acheté sur ordonnance médicale afin de favoriser la digestion, ce qui confirme que le vin épicé est non seulement un digestif au sens moderne du terme, mais aussi un médicament intégré à la pharmacopée médiévale.

Si le mot claret continue à être employé, avec des recettes spécifiques, le terme de pimen ou piment semble avoir ensuite disparu au profit du mot hypocras. Pourquoi ?

Hippocrate est né autour de 460 avant J.C. et est probablement décédé vers 351 avant J.C. Célèbre médecin grec, il appartenait à l’illustre famille des Asclépiades, prêtres médecins qui desservaient les temples d’Asclépios (le dieu grec de la Médecine).
Il est le premier à envisager l’influence du régime alimentaire, c'est-à-dire la diététique, sur la santé.

Hippocrate s'écrit Hipocràs en catalan moderne et Ipocràs en catalan médiéval (il faut noter que au Moyen-Age l’orthographe est mal fixée, aussi on ne compte pas moins de 15 façons différentes d’écrire Hippocrate).

 

 

 

 Voici la théorie qui emporte arbitrairement mon adhésion quand à l'origine du nom de la boisson :

Arno de Vilanova (ou Arnaud de Villeneuve), célèbre médecin catalan qui a enseigné à Montpellier (grande faculté de médecine d’Occident qui reçoit ses statuts vers 1220). Ecrit en 1307 le Regiment de sanitat (règles de santé). Il y cite Ipocras et donne également une recette de piment.
On peut  supposer qu'un épicier (vendeur d'épices) de Montpellier, parlant catalan et habile commerçant, aurait rebaptisé le pimen en ipocras ou ypocras (les orthographes les plus anciennes), en référence au livre de Arno de Vilanova, confirmant ainsi l'orientation nettement diététique du vin épicé.
Nous avons de fortes présomptions quant à l'origine catalane du mot hypocras, en référence à Hippocrate. C’est un bon exemple de marketing commercial avant l'heure !

Notons par conséquent que le terme approprié pour qualifier un vin épicé à l'époque des compagnons de Valérien est pimen ou claret, hypocras n'apparaissant qu'au XIVème siècle.


Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

Traduction de Littré.

"Je jure par Apollon médecin, par Esculape, Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, et je les prends à témoin que, dans la mesure de mes forces et de mes connaissances, je respecterai le serment et l'engagement écrit suivant :

Mon Maître en médecine, je le mettrai au même rang que mes parents. Je partagerai mon avoir avec lui, et s'il le faut je pourvoirai à ses besoins. Je considérerai ses enfants comme mes frères et s'ils veulent étudier la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je transmettrai les préceptes, les explications et les autre parties de l'enseignement à mes enfants, à ceux de mon Maître, aux élèves inscrits et ayant prêtés serment suivant la loi médicale, mais à nul autre.

Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j'écarterai d'eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible. Jamais je ne remettrai du poison, même si on me le demande, et je ne conseillerai pas d'y recourir. Je ne remettrai pas d'ovules abortifs aux femmes.

Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans la pureté et le respect des lois Je ne taillerai pas les calculeux, mais laisserai cette opération aux praticiens qui s'en occupent. Dans toute maison où je serai appelé, je n'entrerai que pour le bien des malades. Je m'interdirai d'être volontairement une cause de tort ou de corruption, ainsi que tout entreprise voluptueuse à l'égard des femmes ou des hommes, libres ou esclaves. Tout ce que je verrai ou entendrai autour de moi, dans l'exercice de mon art ou hors de mon ministère, et qui ne devra pas être divulgué, je le tairai et le considérerai comme un secret.

Si je respecte mon serment sans jamais l'enfreindre, puissè-je jouir de la vie et de ma profession, et être honoré à jamais parmi les hommes. Mais si je viole et deviens parjure, qu'un sort contraire m'arrive! "

 

Source: http://www.chu-rouen.fr/documed/serment.html


Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire

cul sec !

  • HYPOCRAS ET EPICES 3

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés